Les loyers à Casablanca ont augmenté de 8 % en un an, alors que ceux de Rabat stagnent malgré une demande croissante. Certaines villes moyennes enregistrent une baisse inattendue, conséquence directe du développement de nouveaux pôles économiques en périphérie.
Les écarts de prix atteignent désormais 35 % entre quartiers centraux et zones excentrées dans les grandes agglomérations. Les locations longue durée subissent la concurrence des plateformes de courte durée, bousculant les stratégies des bailleurs.
Le marché locatif marocain en 2025 : entre stabilité et mutations
Difficile, aujourd’hui, de résumer le marché immobilier marocain à un simple mouvement d’ensemble. 2025 arrive avec ses contrastes, ses accélérations et ses zones d’attente. Les grandes métropoles, Casablanca, Rabat, Marrakech, écrivent chacune leur scénario, selon le profil de leurs habitants et la physionomie de leurs quartiers. À Casablanca, l’urbanisation ne faiblit pas, nourrissant une pression constante sur le marché locatif et attirant une population active toujours plus nombreuse. Rabat, plus institutionnelle, voit son centre plafonner, laissant la périphérie prendre de la valeur. Quant à Marrakech, elle oscille entre la vitalité touristique et les fluctuations du marché résidentiel.
Dans les villes moyennes comme Essaouira ou Agadir, le paysage change aussi. L’émergence de nouveaux pôles économiques redistribue les cartes : la demande locative y varie davantage, et les stratégies d’investissement évoluent. Certains y voient une opportunité pour la location longue durée, d’autres misent sur le potentiel de la location saisonnière, notamment dans les villes touristiques où les flux de visiteurs dynamisent le secteur.
Plusieurs tendances se détachent nettement :
- L’urbanisation galopante et la multiplication des infrastructures influencent directement la valeur locative.
- La rivalité entre location classique et location de courte durée se fait plus vive, chacun cherchant à capter une clientèle différente.
- Les écarts de loyers s’accentuent entre le centre-ville et les banlieues, creusant des disparités inédites.
Le marché immobilier marocain ne se laisse plus enfermer dans une rivalité Casablanca-Rabat-Marrakech. Les évolutions en cours dessinent une géographie d’opportunités multiples, où chaque ville, chaque quartier impose ses propres règles du jeu. Les professionnels du secteur restent attentifs, sachant que le futur du marché se décidera, quartier par quartier, en fonction de multiples paramètres locaux et globaux.
Quels sont les prix moyens des loyers selon les villes et les types de biens ?
À Casablanca, louer un appartement de 80 m² en centre-ville demande en moyenne 8 000 dirhams par mois. Les quartiers les plus en vue, Gauthier, Racine, dépassent souvent cette barre, portés par une demande soutenue et des prestations de qualité. Dès qu’on s’éloigne vers la périphérie, la pression se fait moins forte : pour un logement équivalent, la fourchette descend entre 4 500 et 6 000 dirhams, selon la proximité des services ou du transport.
Rabat offre une ambiance plus calme, mais les prix restent élevés dans les secteurs prisés comme l’Agdal ou le centre historique, où un trois-pièces standard se négocie autour de 7 000 dirhams. Vers la périphérie, le marché s’assagit : certains appartements s’affichent à 4 000 dirhams, voire moins pour des biens non meublés ou d’un standing plus ancien.
Marrakech, elle, affiche des contrastes saisissants. Dans le centre-ville, Guéliz, Hivernage, avenue Mohammed VI, un appartement moderne se loue entre 6 000 et 8 000 dirhams. Les biens meublés, très demandés par les expatriés, atteignent parfois des montants nettement supérieurs, surtout dans les résidences avec piscine ou jardin. À la sortie de la ville, dans les quartiers populaires, la facture tombe souvent sous les 3 500 dirhams.
Voici quelques repères pour mieux situer les niveaux de loyers actuels :
- Casablanca : entre 4 500 et 12 000 DH/mois selon le secteur et le niveau de standing.
- Rabat : entre 3 500 et 8 000 DH/mois, de la périphérie au centre le plus recherché.
- Marrakech : de 3 000 à 10 000 DH/mois, selon le quartier et le type de location.
La hausse des prix reste mesurée pour l’instant, mais les appartements familiaux de qualité ou les duplex en centre-ville deviennent rares, attisant la concurrence et tirant les loyers vers le haut. Les locataires les plus avisés prennent le temps de comparer, conscients de la volatilité des tarifs et de l’impact des services additionnels sur la facture finale.
Tendances et facteurs qui influencent le coût d’un loyer au Maroc
En 2025, le marché locatif marocain affiche une évolution contrastée. Casablanca, Rabat, Marrakech : dans ces trois villes, le taux d’occupation reste élevé, particulièrement dans les quartiers les plus centraux. La croissance démographique, associée à la demande continue des jeunes actifs et des familles urbaines, maintient la dynamique du secteur.
Plusieurs paramètres viennent peser sur la rentabilité et le niveau des loyers. L’essor de la location saisonnière, boostée par les plateformes numériques et le tourisme, met la pression sur le segment haut de gamme, surtout à Marrakech et dans certaines villes côtières. À l’inverse, la location longue durée rassure les investisseurs, séduits par la stabilité des revenus qu’elle procure dans des métropoles comme Rabat ou Casablanca.
Les services haut de gamme, conciergerie, sécurité, équipements connectés, expliquent aussi des écarts notables entre deux appartements similaires. Beaucoup de propriétaires se tournent vers la gestion locative professionnelle pour maximiser leur taux d’occupation et ajuster leur tarification en temps réel, répondant ainsi à une clientèle de plus en plus exigeante. Côté fiscalité, les arbitrages entre location classique et location saisonnière commencent à s’imposer dans la réflexion des bailleurs.
Les principales dynamiques à surveiller sont les suivantes :
- Investissement locatif : la quête d’un rendement stable continue de soutenir la demande.
- Services gestion : l’externalisation se développe, portée par l’attente d’une offre haut de gamme et professionnelle.
- Location saisonnière : la rivalité s’accentue dans les villes à forte attractivité touristique.
Du studio en centre-ville à la villa sur la côte, la diversité des stratégies façonne le visage du marché locatif marocain et dessine les tendances des prochaines années.
Défis actuels et pistes pour mieux louer ou investir en 2025
Les règles du jeu évoluent pour les bailleurs comme pour les locataires. En 2025, la gestion locative demande plus de rigueur : le rapport d’état des lieux, autrefois négligé, s’impose désormais comme un point de passage obligé pour prévenir les litiges. La législation se précise, incitant propriétaires et investisseurs à maîtriser chaque étape de la location, du contrat initial à la restitution du bien.
Les frais d’agence et de gestion locative, parfois jugés dissuasifs, méritent d’être étudiés de près. Certains professionnels proposent aujourd’hui des services gestion sur mesure, couvrant le suivi administratif, la sélection des locataires et la gestion d’éventuels impayés. Pour qui investit à Casablanca ou Marrakech, confier son bien à une agence immobilière spécialisée dans le marché local permet d’optimiser ses revenus et de limiter les périodes de vacance.
Les propriétaires non-résidents, tout comme la clientèle internationale, se tournent vers des solutions personnalisées, surtout lorsqu’il s’agit de biens situés dans des quartiers recherchés ou de standing. Les expatriés, eux, privilégient la sécurité, la réactivité et un accompagnement francophone, des critères qui orientent nettement la demande sur le segment premium.
Pour naviguer dans ce marché, quelques repères s’imposent :
- Se renseigner sur la réputation et le sérieux de l’agence immobilière sollicitée.
- Demander une transparence totale sur les frais de gestion locative.
- Établir un état des lieux détaillé, signé par toutes les parties.
- Anticiper les spécificités fiscales qui peuvent s’appliquer à chaque investissement.
L’arrivée de nouveaux profils d’investisseurs, qu’ils soient locaux ou venus de l’étranger, exige une connaissance affûtée du cadre de gestion et des règles en vigueur. Cette montée en exigence accompagne la transformation profonde du marché locatif marocain et préfigure, sans doute, de nouveaux équilibres dans les années à venir.
