Le ministère des Affaires étrangères a placé Zanzibar sur sa liste de destinations nécessitant une vigilance renforcée, citant une hausse inhabituelle d’incidents signalés au cours des six derniers mois. Plusieurs compagnies d’assurance refusent désormais d’assurer des séjours dans certaines zones de l’archipel.
Les autorités locales ont reconnu des difficultés à garantir la sécurité sur l’ensemble du territoire, malgré l’augmentation des effectifs policiers dans les secteurs touristiques. L’accès à des soins d’urgence reste limité en dehors des centres urbains.
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Haïti aujourd’hui : comprendre les réalités sécuritaires et les zones à risque
Sur la carte de l’océan Indien, Zanzibar brille d’un éclat particulier, promesse de lagons turquoise et de mosaïque culturelle swahilie. Mais derrière la carte postale, la réalité s’impose, ferme : il faut lire attentivement la situation des zones sensibles avant de s’aventurer sur l’archipel. Stone Town, ce joyau inscrit à l’UNESCO, illustre ces contrastes : de jour, la ville foisonne entre visites guidées et marchés animés, mais dès la nuit tombée, les ruelles étroites changent de visage. Les agressions à la tire, les vols liés à la consommation de drogue ou simplement à l’opportunisme, prennent le dessus dans certains quartiers. Le taux de criminalité, estimé à 57,27 (Numbeo, 2023), révèle une insécurité diffuse, qui se concentre autour de quelques points noirs.
Les plages de Nungwi et Kendwa affichent une atmosphère plus rassurante. Ces stations balnéaires misent sur la présence policière et des infrastructures médicales de base pour rassurer les visiteurs. À l’inverse, Paje et Jambiani inquiètent par la multiplication des cambriolages, en particulier dans les petites pensions isolées. À chaque pic touristique, décembre, janvier, février et août, les vols et escroqueries se multiplient, ciblant les voyageurs inattentifs.
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La santé n’échappe pas aux disparités. Les hôpitaux publics manquent de moyens, tandis que certains établissements privés comme AMS Medical Center à Kiwengwa ou l’hôpital Ampola Tasakhtaa à Stone Town offrent un service plus fiable. L’accès à l’eau potable reste aléatoire, surtout pendant la saison des pluies. Les épisodes de paludisme se multiplient alors, tout comme les inondations dans les zones les plus basses.
Face à cet ensemble, la prudence s’impose naturellement, surtout à la nuit tombée. Il vaut mieux privilégier les transports officiels, éviter de s’aventurer sur les plages désertes après le coucher du soleil, et s’informer sur la situation locale avant chaque sortie. L’homosexualité reste strictement interdite par la loi, tout comme les sacs plastiques. Adopter les usages locaux permet d’éviter de mauvaises surprises dans un pays où chaque déplacement mérite réflexion.

Voyager en toute prudence : conseils pratiques, ressources et contacts utiles pour votre sécurité
Pour aborder un séjour à Zanzibar, mieux vaut anticiper. Depuis octobre 2024, l’assurance voyage n’est plus une option : elle est obligatoire (44 USD), faute de quoi l’entrée dans le pays sera refusée. Avant de partir, il est judicieux de vérifier que sa couverture santé inclut bien le paludisme, la dengue et le chikungunya, ces maladies transmises par les moustiques. Voici les précautions à prendre pour limiter les risques liés à la santé :
- Prévoir une moustiquaire pour la nuit, des répulsifs adaptés et des vêtements couvrants dès la tombée du jour ;
- Mettre à jour ses vaccins contre la fièvre jaune, l’hépatite A et B, la typhoïde, la rage ;
- Anticiper un traitement antipaludique si recommandé par un professionnel de santé.
Dès l’arrivée, quelques mesures s’imposent pour éviter les infections ou les intoxications alimentaires :
- Ne jamais consommer l’eau du robinet, préférer l’eau en bouteille, même pour le brossage des dents ;
- Refuser systématiquement les glaçons dans les boissons ;
- Privilégier les restaurants reconnus et se méfier des stands dans la rue, sauf à Forodhani où le contrôle sanitaire est plus strict.
La nuit venue, redoublez de vigilance : il est préférable de regagner son logement avant la tombée du jour, d’éviter plages isolées et ruelles peu éclairées. Pour vos déplacements, n’utilisez que des taxis officiels ; laissez de côté les bajaj non déclarés et les dala-dala surchargés qui posent de réels problèmes de sécurité routière. Les voyageuses seules trouveront plus de tranquillité dans des hébergements sécurisés, les excursions organisées en groupe et des vêtements couvrants.
Si une difficulté survient, deux numéros à retenir : le 112 et le 999. L’Ambassade de France à Dar es Salaam propose une assistance consulaire, et s’inscrire sur Ariane permet de signaler sa présence. Pour les activités, il est préférable de choisir des prestataires certifiés, que ce soit pour la plongée, le snorkeling ou les visites de plantations d’épices. Enfin, respecter la législation locale reste la règle : discrétion sur l’orientation sexuelle, bannissement total des sacs plastiques.
À Zanzibar, la vigilance n’est pas un luxe : c’est une condition pour savourer la beauté brute de l’archipel sans risquer de s’y brûler les ailes. La prudence trace la frontière entre l’aventure et la mésaventure ; à chacun d’écrire la sienne, en connaissance de cause.

